Les 26 airs de Gilles traditionnels

Les 26 airs de Gilles traditionnels
Ces airs de Gilles se sont ajoutés, depuis la fin du 18ème et le début du 19ème siècle, à un ´ Avant-dinner ª battu uniquement par les tambours. Il s'agit de la base très lointaine sur laquelle les Binchois dansèrent bien avant l'orchestration et l'arrivée des premiers airs et de la musique. Pour certains ethnomusicologues, l' ´ Avant-dinner ª possède des caractéristiques remontant bien avant le Moyen Age.

D'après Samuël Glotz, les origines de ces airs sont diverses. Ainsi, par exemple, "Lion Belgique" évoque la Révolution brabançonne, tandis que "Le petit jeune homme de Binche" est une adaptation de "Fanfan la Tulipe", chanson parisienne du début du 19ème siècle. Les autres airs ont, pour la plupart, été créés par des compositeurs binchois ou amis de Binche.

Depuis la fin du 19ème, le répertoire des airs et la façon de les jouer ont été fixés.

1. Aubade matinale
2. Les d'Gins dè l'Estène
3. Vos arez in aubade
4. Lion Belgique
5. La Classe
6. Eloi à Charleroi
7. Mère tant-pis
8. Le Postillon de Longjumeau
9. Les Brigands
10. Airs des Marins
11. Sérénade
12. Pas de charge
13. Sans-soucis
14. Le Juif errant
15. Les Chasseurs
16. Trompettes des Cents gardes
17. Polka-Marche
18. Paysan s'en va
19. Vivent les bleus
20. L'Ambulant
21. Cavalcade
22. Air du Doudou
23. Arlequin
24. Air classique des Gilles
25. Quand m'grand'mére
26. Le petit jeune homme de Binche


http://www.carnavaldebinche.org/page.phtml?rub=contenu&div=10&id=40

# Posté le jeudi 07 avril 2005 11:00

le ...

Le carnaval (du latin " carno " : la chair, la viande) est une fête qui se déroule avant le carême, en général au mois de février.

Le carême (pas ou peu de nourriture) commence le quarantième jour avant le dimanche de Pâques. Pour compenser cette période de pénitence, nos ancêtres mangeaient " gras " pendant trois jours et festoyaient.

Actuellement se déroulent toujours de nombreuses manifestations populaires appelées " carnavals ". Elles sont organisées dans plusieurs pays, dont la Belgique. La plupart se situe en Wallonie : le carnaval de Binche y est le plus célèbre, avec ses " Gils " aux costumes typiques.

On pense que l'origine de ceux-ci est une fête organisée par Marie de Hongrie en 1549, lors de la visite de son frère Charles Quint dans son château à Binche, où se trouve un musée du carnaval. Au cours de cette fête, les invités, travestis en Incas, étaient appelés " Gils " et portaient des costumes en provenance du Pérou. Le quatrième dimanche avant le " dimanche gras ", les " Gils parcourent la ville au son des fanfares afin d'annoncer le carnaval, mais ils ne revêtiront leurs costumes typiques que les " Mardi gras ".

Leur costume est constitué d'un pantalon et d'une blouse en toile de lin rembourrée de paille.

Il est orné de lions, d'étoiles, de couronnes et de blasons aux couleurs nationales belges. Le costume est surmonté d'un col appelé pèlerine. Ce tissu se retrouve aux manches et au bas du pantalon. Le " Gil " porte une ceinture composée de clochettes et un chapeau en plumes d'autruche. Ce jour-là, toujours au rythme des fanfares, ils jetteront des oranges à la foule.

Il existe d'autres carnavals tels que le carnaval de Malmedy, d'Aalst (Alost), etc. Tous ont leur particularités. Cependant, on retrouve souvent des cortèges multicolores, des chars, des personnes déguisées, des fanfares, des confettis, etc. Mais le plus important est bien sûr cette ambiance colorée et bouffonne, bien typique de chez-nous.


http://www.adomonde.net/tourisme/j1403pg3.htm

# Posté le dimanche 27 mars 2005 10:48

les épouses et mères

les épouses et mères
Mesdames, c'était la plus belle chose qui pouvait vous arriver…
Vous voilà femme et mère de Gilles !
Que vous soyez de Binche ou pas
Vous voilà mariée avec un Binchou
Qui, en plus, fait le Gille
Pendant les soumonces, vous allez le suivre avec son souper
Mais vous ne serez pas toutes seules
Vous serez toutes ensemble
Qui ça donc ? … Les femmes de Gilles bien-sûr
Vous vous mettrez toujours à la même place derrière la batterie
A côté de la caisse
Ce n'est peut-être pas l'endroit le plus calme
Mais c'est pour qu'il sache toujours où vous retrouver du premier coup d'œil
Et au Carnaval, vous l'habillerez,
Vous lui mettrez sa barrette, sa collerette sans oublier son grelot
Un dernier petit bisou et le voilà qui s'en va dans la bise du matin
Seul avec son tambour et la caisse
Il s'en va pour jouer son rôle de Roi d'un jour
Il s'en va pour perpétuer une tradition
Mais pour la femme d'un Gille
Le Mardi-Gras c'est le jour le plus long
C'est un jour de course
Le matin, il faut porter son masque
A midi, il faut le rassasier
Vous allez passer tout le cortège votre nez dans les plumes de son chapeau
Ou bien vous allez porter ses oranges
Et le soir, pour terminer, vous venez voir si tout va bien
S'il ne lui faut pas son écharpe ou un morceau de fromage
Quand il rentrera le Mercredi des Cendres à six heures du matin
Vous l'attendrez sur le pas de la porte
Pour l'aider à rentrer et à se débourrer
Vous lui avez préparé une tasse de soupe avec une biscotte
Oui mais vous savez que votre rôle n'est pas encore terminé
Il va vous falloir lessiver, repasser, ranger la maison
Et tous remettre dans des caisses pour l'année d'après
Quelques années plus tard, vous avez eu un garçon
Et comme son papa, comme son oncle, comme son grand-père…
Oui, comme toute la famille
Il fera le Gille
C'est vous qui lui avez fait faire ses premiers pas de danse
Alors qu'il était encore dans votre ventre
C'est vous qui allez le transformer
Vous qui allez faire de lui le Roi du Carnaval
Et lorsqu'à l'aube
Le tambour viendra le chercher avec son papa
Qu'avant de partir il vous embrassera en vous disant
Merci maman
Une larme coulera sur vos joues
Vous vous direz que c'est peut-être bien un sacerdoce
Que d'être une femme et une mère de Gille
Mais ils sont tellement beaux dans leur costume d'or
Que ça vaut bien une montagne de sacrifice.
Pour et pour nous, Madame : " Merci ".

http://www.carnavaldebinche.org/page.phtml?rub=contenu&div=6&id=29
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 23 mars 2005 05:36

femme de gille

Le plus souvent dans l’ombre du héros binchois, la femme de gille n’en demeure pas moins son double essentiel, en privé comme en public. Déjà active plusieurs mois avant la fête, la femme s’occupe de l’élaboration et de la confection des costumes ainsi que des préparatifs en tous genres pour les soumonces (festivités pré-carnavalesques) et le carnaval. Ni tout à fait spectateur, ni tout à fait acteur, c’est pourtant au cours du déroulement même du spectacle que la femme de gille tient son rôle le plus visible et sans doute le plus ingrat aux yeux du public non averti. Cependant, si pour le gille, comme pour le spectateur, le spectacle s’arrête en privé, pour la femme, le retour au foyer n’est pas synonyme de repos, mais bien de préparatifs de repas, de remise en état des costumes, de remaquillage des enfants... et de vaisselle. Enfin, c’est dans l’éducation des enfants que la participation de la femme de gille au sein de la société binchoise est la plus importante.

Les préparatifs du carnaval et leur mise en scène
C’est dans les coulisses du carnaval que les femmes sont tout à la fois organisatrices et exécutantes les jours de fêtes car le bon déroulement du carnaval sur scène ne pourrait être assuré sans une minutieuse organisation des tâches en privé.
Dans cette organisation, chaque femme occupe un rang déterminé auquel sont attachés certains devoirs. La répartition de ces tâches est le plus souvent fonction de l’âge des femmes en présence et de leur position respective au sein de la hiérarchie familiale dont le sommet est naturellement occupé par les plus anciennes. Cette hiérarchisation des fonctions semble faire partie intégrante de l’éducation de la jeune fille depuis sa prime enfance. Ses tâches sont en résumé : préparer le costume du dimanche, organiser les repas, habiller le gille selon la coutume, lui donner son masque au moment voulu, porter les oranges et le chapeau, veiller à sa bonne tenue tout en gardant un œil sur les enfants.

La transmission de la tradition
Parce que le gille est tout entier dévoué à sa ville et à son folklore pendant les jours fastes, il faut bien que les femmes, unique soutien du gille, prennent en charge l’apprentissage in vivo des générations plus jeunes. Elles enseignent le respect des traditions afin d’assurer leur perpétuation. Leur mission est à ce titre capitale puisque ce sont elles qui éduquent les petits garçons et les petites filles dans l’esprit des traditions binchoises. Elles leurs transmettent le rythme de la danse, les comportements admis et interdits, le cérémoniel de l’habillage du gille et – surtout - l’amour des traditions et du rituel carnavalesque. Leur objectif explicite est bien entendu la participation inconditionnelle et naturelle des enfants au carnaval. Implicitement, elles préparent au mariage des enfants au sein de la communauté binchoise avec un ou une compagne imprégné par ce folklore, cela dans le but évident d’entretenir la ferveur des nouvelles générations.
Ainsi, devenir un gille ou une femme de gille relève donc de l’éducation. On ne décide pas : plongés en bas âge dans cette ambiance culturelle, les Binchois, parvenus à l’âge adulte, participeront au carnaval comme tout le monde.
Si la femme de gille binchoise dépense une telle énergie afin d’inculquer aux enfants l’esprit binchois, si elle prend un soin extrême à clairement sexualiser ses enfants dans le projet du carnaval, si le mariage entre Binchois est le produit recherché de ces « marieuses », si enfin elle peut, en fonction de son âge, occuper sa place dans la hiérarchie des tâches féminines du carnaval, c’est parce qu’il existe entre les femmes de gille une organisation souterraine qui tient du matriarcat.
Ce matriarcat des femmes binchoises ne s’exerce réellement qu’au sein de la famille et toujours au bénéfice de la communauté : pour que le carnaval ait lieu et pour former les futures femmes de gille à servir les futurs gilles du patriarcat binchois. De fait, ce dernier, en déléguant à « son » matriarcat l’autorité sur les choses qui relèvent du foyer, de la préparation des festivités et de l’éducation différenciée des enfants, n’est pas inquiété pour sa domination, puisque c’est ainsi qu’il assoit son prestige sur les générations de femmes passées, présentes et à venir.

Une participation au sacré
Il apparaît après réflexion que la principale composante motivationnelle de cette volonté d’action en coulisse des femmes est le sentiment et le désir de participer, de perpétuer, voire de prolonger indéfiniment le rite. Laisser la simple contemplation aux « extérieurs », mais devenir « servante volontaire » de l’objet de contemplation, tel est le leitmotiv qui anime la femme de gille. Cette dernière assertion proclame définitivement que le carnaval de Binche est beaucoup plus qu’une simple kermesse annuelle : il est un rite à part entière, dont la sacralité se manifeste à tous les instants. Chaque Binchois connaît précisément le rôle qu’il joue dans cette grande messe du printemps et la mission de la femme de gille n’est pas la moindre : c’est elle, en effet, qui est chargée, sans y voir aucun asservissement, de mettre le rite en place et de permettre son bon déroulement. Ainsi élevées avec l’omniprésence du carnaval, les Binchoises tendent vers un modèle de femme de gille caractérisé par un dévouement vécu comme naturel et spontané.

En conclusion, « faire carnaval » pour les Binchoises ne se résume pas à habiller un gille et à rester dans son sillage ; c’est prendre part à une liturgie qui englobe toute la communauté binchoise. Ainsi, par leur participation matérielle et immatérielle, elles perpétuent le rite, le protègent et préservent l’unité de la communauté.

http://www.carnavaldebinche.org/page.phtml?rub=contenu&div=6&id=170
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 23 mars 2005 05:30

les marchands de sabots

les marchands de sabots
Madame Brichot est un artisan bien connu des binchois. Dans son petit magasin de la route de Mons, elle accueille entourée de sabots les futurs Gilles qui viennent y chercher ces indispensables accessoires.

C'est en 1920, au lendemain de la Grande Guerre, que les grands-parents de Lucie Brichot décidèrent d'ouvrir un magasin de sabots. Depuis, et ce sans interruption, excepté durant la seconde guerre mondiale, le petit magasin de la route de Mons offre aux narines des clients cette odeur typique, envoûtante et enivrante de sabot fumé.

Les sabots, qui à cette époque étaient faits mains, provenaient de sabotiers habitants la région : Eugies, Anderlues, Buvrinnes, ... On pouvait également en trouver dans un petit village non loin de la frontière belgo-hollandaise nommé Retie. Actuellement, ils sont fabriqués dans les Ardennes où le plus gros du travail est réalisé par des machines.

Il faut tout d’abord débiter les troncs de saule ou de peuplier en tranches d’une cinquantaine de centimètres d’épaisseur.

Les pièces de bois sont installées dans une première machine ayant pour but de donner au sabot sa forme extérieure.

L'esquisse de sabot est ensuite placée dans une seconde machine qui creuse l’intérieur du sabot et définit grossièrement l’emplacement du pied.

Manuellement de façon à maintenir une parfaite symétrie des deux pieds, le sabotier finit l’aspect extérieur et intérieur du sabot.

Il reste à donner aux sabots la teinte que l’on connaît. Pour ce faire il séjournera durant 7 à 8 heures dans un séchoir-fumoir activé par les copeaux que l’on extrait de leur ventre.

Nus, les sabots reposent désormais sur les étagères du petit magasin. En période de carnaval, celui-ci et la maison attenante sont envahis par les paires de sabots qui attendent que les pieds d’un Gille viennent les choisir.

C'est alors au tour notre artisan d’entrer en action. Première de ses tâches et non la moindre, découper les garnitures dans des plaques de cuir naturel au moyen de couteaux et d’emporte-pièces.

La garniture complète du sabot est constituée de la talonnette, en forme de demi-cercle et clouée sur l’arrière, d'une petite sangle de cuir qui sert à consolider l’avant du sabot en cas de bris, d’une bride se glissant dans un morceau de cuir rectangulaire et soigneusement dentelée pour tenir le pied.

Le sabot, ainsi garni, est prêt à la vente mais pas encore à la danse. En effet, le futur Gille devra d’abord les garnir de renoms, pièces de tissus formées de ruban plissé.

A remarquer aussi que le petit magasin de la route de Mons n'est pas seulement une institution pour la Ville de Binche mais aussi pour les carnavals qui se déroulent aux alentours et même à l'étranger ; Nice en est un exemple.

Une petite anecdote en passant …

Autrefois, il était courant de voir les binchois se promener en ville chaussés de sabots ou les porter chez eux, " pour se sentir bien ". Il s’avère que cette coutume disparaît de plus en plus et pourtant

http://www.carnavaldebinche.org/page.phtml?rub=contenu&div=6&id=31

# Posté le mercredi 23 mars 2005 05:28

Modifié le lundi 16 mai 2005 06:40